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KOUKI 29, la solution.

C KAN ?

Le 11 juin 2000 à 0h55

C OU ?

Salle verte nord (aujourd’hui salle Joseph Chatain côté nord)

C KI ?

De gauche à droite, Audric FUMET, Sibor TREDENKOFF, Nicolas BONIN, Judith BONIN, Nicolas FUMET, Rabah KERKAR

J’ai attendu longtemps d’autres réponses que celle d’Audric (celle de Nicolas Bonin étént comme d’habitude hors concours !), hélas personne n’a osé ! Il est vrai que l’un des serveurs qui m’avaient aidé pour le repas de mariage de Nicolas Bonin, alors sociétaire de l’ACEL a été très précis dans sa réponse à plusieurs étapes :

1ère étape

Fumet Audric

Bonjour,
J’ai une mémoire de poisson rouge mais pour le coup je me sens un peu concerné! Une question me taraude: peut-on participer quand nous sommes sur la dite photo? Conflit d’intérêts ?
Bref cela ne va pas me refroidir pour autant, surtout que j’ai la réponse ( il me semble !)
C’est à la salle Joseph Châtain pour le mariage de Nicolas Bonnin et sa femme (forcément !)
En cuisine nous avons Maitre Sibor et au service: Nicolas et Audric Fumet avec Rabat ( je ne connais pas son nom de famille et je doute même de l’orthographe de son prénom!
Et voilà !
Audric

2ème étape, 19 mars 2015,13h59 : « …je tente une année 1995…mois…juin »

3ème étape, 19 mars 2015, 21h49 : « …1997 est plus proche de la vérité.

Ce qui veut dire qu’Audric avait presque tout faux: Rabah n’est pas Rabat, Sibor Trédenkoff n’avait pas encore l’appellation « Maître Sibor », la salle de tennis de table ne s’appelait pas encore salle Joseph Chatain, quant à l’année ! même si le mois était le bon (mais pas le jour car quand la photo a été prise c’était déjà dimanche).

Je le rappelle, même quand on est sur la photo on a le droit de participer au KOUKI pour gagner un plat dans la carte du 3PHIL délocalisé.

AUDRIC FUMET SORT GRAND VAINQUEUR DU KOUKI 29 !

Et je ne résiste pas à  remettre ici le fabuleux commentaire de Nicolas Bonin, l’un des Maître es-kouki.

Le kouki 30 paraîtra très prochainement.

« Maître Sibor »

Le commentaire de Nicolas Bonin :

NICOB

Dès potron-minet, les salades étymologiques qu’échangèrent les terrines trilingues furent dignes de discours de haute-volée aussi relevés que la sauce à laquelle elles s’apprêtèrent à être mangées par les soixante-douze convives présents ce jour-là, dans la moins septentrionale du futur ERPSJC. Le temps semblait avoir suspendu son vol au-dessus de l’atmosphère sibordienne qui planait sur la géniale installation hétéroclite où le Maître régnait déjà, en despote absolu, entouré par sa troupe de fidèles serveurs qui se disputaient l’honneur d’officier sous les ordres de Sa Majesté M.S. ! Tels deux hauts-fourneaux crachant leur servilité sous la révolution industrielle, les fières marmites acéliennes, dont l’âge devait remonter à la même époque, fumaient. Nicolas et Audrick aussi… Grâce à leurs rabats, Kerkar en surveillait tout délit de fuite ! Il faut dire que les Charlottes étaient assez chaudes pour rêver à des ébats interdits avec Stenley, dont la simple évocation de la sauce faisait battre de l’aile et lever la cuisse des plus sages poulettes dombistes de la ferme de Collonge, avant même que leur mariage fût consommé dans l’assiette des gastronomes, comme l’exigeait l’usage en vigueur lors de tout repas préparé par le Maître, qu’il le fût pour deux comme pour cent gourmets en quête d’extase papillaire.

Ce fut peu avant les vêpres que les premières ouailles adepte du monothéisme sibordien pénétrèrent dans l’antre, qui baignait dans la majestueuse lumière des feux de la rampe de cette scène surréaliste, plus que dans la lumière blafarde des pauvres néons qui éclairaient d’ordinaire avec grand’ peine les débats pongistes. D’aucuns furent frappés par le minimalisme exacerbé des plaques de cuisson, prolégomènes à l’introduction de l’induction chez la ménagère de moins de cinquante ans, devenue depuis lors chose commune. En immense visionnaire de la Cuisine, avec un grand C, le Maître avait toujours un temps d’avance sur les autres, puisant sans relâche l’inspiration de la gastronomie de demain dans le classicisme d’hier, avec l’adjonction de ce zeste de démence rationalisée qui est la marque des plus grands.

Tout, pourtant, tentait de porter atteinte à la tenue de ce tentant menu de printemps, dans la latence tentaculaire des tentatives de supplice de Tantale. Mais rien n’y fit : écartant les éléments qui se liguèrent contre lui d’un simple revers de main (mais de main de Maître pongiste, dont le revers coupé peut couper court à tout top-spin par trop puissant), IL rayonnait d’indifférence supérieure face à l’adversité. Ainsi en fut-il lorsque les eaux tentèrent de prendre possession des lieux, sournoisement infiltrées dans la salle par les forces obscures qui déclenchèrent l’orage, dans de vaines velléités de ramener les filets de Saint-Pierre à leur élément aqueux et les chasser de nos assiettes. Tandis que le public effaré se préparait déjà à revivre le naufrage du Titanic avant même d’avoir honoré madame la Marquise en son habit anglais, il suffit au Maître de parsemer, ça et là, d’un geste auguste et nonchalant, quelques journaux salutaires dont les articles de fond qui s’écrivaient encore à l’époque eurent tôt fait d’absorber les flots de révolte naissante. Tel Moïse écartant les eaux, IL était là, devant nous, et le miracle s’accomplît. « Alléluia ! Sibor est grand, Sibor est notre Sauveur ! », s’enthousiasmèrent les fidèles dans un cri commun d’exaltation mystique, poil aux subrics ! Même la tentative avortée de Nicolas de maculer la tenue d’apparat d’une invitée d’honneur n’assombrit point la soirée : mieux que le nouvel homo, et bien qu’il ne fût point gai à la vision des pommes de terre Charlottes mystérieusement projetées sur ladite invitée, l’Élu n’eut qu’à apposer sa main à l’endroit de l’indicible auréole pour la faire disparaître sur le champ (de tubercules), devant les yeux ébahis des témoins incrédules.

Le silence admiratif qui s’en suivit ne fut couvert que quelques secondes plus tard par les notes de jazz savamment distillées par les musiciens, au diapason de la délicatesse du divin banquet. La crème anglaise à la douzaine d’œufs au litre semblait danser au rythme de My funny Valentine, dont la rondeur des notes, que n’aurait pas renié Chet Baker, était à l’oreille ce que la vanille Bourbon était à la bouche : un souffle d’éternité paré de velours. La fin des agapes ne fut que luxe, calme : on voulu p’ter, mais on n’osa point ! Les oignons de la sauce Stenley ne nous firent pas l’affront d’exprimer ainsi leurs envies d’extérioriser les flatulences en latence qu’elles cherchèrent à provoquer en nos faiblesses gastriques : fichtre, l’on ne plaisante point avec ces choses-là !

Quelque cinquante-cinq minutes après le grand mystère de la mutation de ce dix juin en onze juin de l’année qui précéda l’odyssée spatiale kubrickienne, nous immortalisâmes ce moment qui marqua à jamais nos vies, celle de Judith et la mienne.

Au petit matin, parmi les rues couzonnaises jonchées de cailloux arrachés aux Monts d’Or par l’impétuosité destructrice de la veille, une silhouette se dessinait dans la brume naissante. Le cliquetis de son magistral trousseau semblait se faire l’écho des pinsons timides en proie à la mélomanie post-lacanienne des lendemains de bringues. Lorsque le Maître disparut, à l’ange de la rue Philibert Gaillard, ce fut une nouvelle page qui venait de se tourner.

La parution koukiesque d’un témoignage iconographique de ces moments privilégiés est une madeleine de Proust aux effluves sans pareilles. Que le Maître éternel en soit ici publiquement remercié.

Votre bien dévoué,

Nicob


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